2 juin 2015 – Assemblée citoyenne : Le dérèglement climatique et les enjeux de la COP21

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En décembre 2015, la 21ème Conférence sur le Climat (COP21) aura lieu à Paris avec l’objectif de prendre des mesures urgentes pour sauver notre écosystème mis à mal par les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, le poids des lobbies financiers et industriels enlisent les négociations et les états traînent des pieds.

Afin d’appréhender les mécanismes d’évolution du climat et de saisir l’importance des négociations en cours,
BUS vous invite à venir vous informer et débattre en participant à la conférence-débat

mardi 2 juin 2015 20h30
Mairie de Bures-sur-Yvette, salle du Conseil

Le dérèglement climatique et les enjeux de la COP21

avec

Valérie Masson-Delmotte, 

paléoclimatologue et co-auteur des derniers rapports du GIEC

Céline Ramstein,

chef de projet COP21 à l’Iddri. 

Un grand merci à Céline et Valérie pour leurs interventions. Par la richesse des échanges qu'elles ont sucsités et avec la particpation d'une centaine de citoyens cette assemblée citoyenne a été un succès. 

Reste à faire en sorte que la COP21 conduise à des avancées significatives à la hauteur de l'urgence des enjeux climatiques. 

 

Téléchargez ici la fiche résumé de l'assemblée citoyenne : [PDF].

Compte rendu de l'Assemblée Citoyenne : 

Le réchauffement climatique : conséquence de l’activité humaine

Les simulations par des modèles physiques d’échange d’énergie à l’échelle de notre planète permettent d’estimer le rôle des multiples facteurs influençant le climat (activité du soleil, événements El Nino / El Nina, pollution, météo…). Ces simulations montrent que le rejet de gaz à effet de serre  lié à l’activité humaine, notamment de CO2, est bien la cause principale du dérèglement climatique observé. Il ne s’agit pas d’une simple corrélation, il y a causalité.  

Premières touchées : les populations vulnérables 

Sécheresses, inondations, fonte des glaciers, dégels, cyclones, montée du niveau des mers : l’analyse des conséquences concrètes des dérèglements climatiques passés et prévisibles montrent que les populations les plus vulnérables sont toujours les premières victimes des dérèglements : sans abris, travailleurs du bâtiment sont bien plus touchés que les couches aisées qui font construire des centrales à charbon pour assurer l’alimentation électrique de leur climatisation. 

Echapper au scenario catastrophe : toujours possible mais il y a urgence

Parmi les différents scénarios envisagés, le plus ambitieux en terme de diminution des rejets de CO2 conduirait à une augmentation des températures moyennes qui se stabilise à 2 degrés après 2050. Les conséquences resteraient dans la gamme de celles connues jusqu’à présent. A l’inverse, les scénarios dans lesquels l’utilisation du pétrole du charbon et du gaz se poursuit sur le mode actuel conduirait à un réchauffement de 5 degrés avec des changements brutaux, 30 fois plus rapides que les périodes glaciaires / interglaciaires qu’ont connues les êtres humains, et il n’y aurait pas de retour rapide, les effets dureraient plusieurs siècles.  

Notre « Budget Carbone » mondial consommé au 2/3

C’est le cumul des production de CO2, passées et avenir, qui permet d’anticiper l’amplitude de l’évolution du climat. Pour limiter le réchauffement à 2 degrés, il ne doit pas dépasser 3200 gigatonnes. Nous en avons déjà rejeté les 2/3, il ne nous reste plus qu’1/3 à émettre. La question est donc comment se partager ce « reste à émettre », avec des considérations de justice entre les pays riches et pauvres et entre générations. 

Les enjeux de la COP21 : un accord juste, large, ambitieux, dynamique, financé et qui mobilise la société civile

Juste : les efforts demandés aux différents pays doivent tenir compte de la nécessité de développement des pays émergents et de l’historique des rejets des pays riches. Large : L’accord doit inclure la Chine, l’Inde, les États Unis, dont la contribution aux rejets de CO2 est prédominante. Ambitieux : l’accord doit permettre de limiter le réchauffement à une modification à laquelle nous serons capables de nous adapter. Dynamique : l’ambition doit pouvoir être actualisée en fonction des besoins sans passer par un cycle de négociation de 10 ans. Financé : 100 milliards de dollars sont prévus pour aider les pays à s’adapter aux changements climatiques. A ce jour, seuls 10 milliards sont effectivement financés. Enfin les changements profonds nécessaires ne sont pas seulement du ressort des états. Les entreprises, les collectivités et les ONG doivent aussi être mobilisées. 

Questions / Réponses 

Question : Quelle est l’importance et la signification des deux degrés ? Réponse, il n’y pas de seuil et certains pays trouvent que ce n’est pas assez protecteur. Il n’y a pas non plus d’effet d’emballement. 

Question : A longue échéance, nous aurons une période glaciaire avec une baisse d’environ 5 degrés, c’est peut-être positif de mettre un peu de chaleur dans le système ? Réponse : La terre est sur un trajectoire assez circulaire qui n’est pas propice à une période glaciaire pendant le prichains 10000 ans. 

Question : Pendant le derniers 17 ans, le réchauffement ne s’est pas poursuivi comme prévu par le GIEC. Ne faut-il pas adapter le modèle.  Réponse : On est dans la fourchette basse du réchauffement prévu, mais il y a bien réchauffement et accumulation d’énergie. Un article est parue Jeudi dernier dans science [Science 348 (6239) pp.1066-1067] qui explique ce hiatus concernant la stabilisation du climat. Il montre qu’on n’a pas assez pris en compte le réchauffement de l’Arctique. Il y aurait donc, en fait, un léger réchauffement. 

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  • Un MOOC (cours en ligne, en anglais) pour déjouer les arguments des climatosceptiques : [LIEN]
  • Article mediapart sur le "hiatus" climatique, faisant référence à l'article de science : [LIEN]