Conseil municipal du 25 juin 2014 – Au sujet des rythmes scolaires

Ecrit par BUS sur . Publié dans Conseils Municipaux

bus_verbatim[...], au nom de mes collègues des groupes de l’opposition, j’aimerais vous faire un petit propos qui ne sera pas bien long, mais qui tente de résumer notre point vue et notre sentiment sur la question. Etant entendu que nous regrettons de ne pouvoir le faire dans un débat contradictoire dans le cadre d’une délibération du conseil municipal, comme cela se fait et s’est fait dans d’autres communes.

Cela dit, évidemment la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires n’est pas une affaire simple, personne ne le conteste. La question du temps scolaire impacte directement l’organisation de la ville, une grande partie de la population et du personnel de la commune. Les besoins et les demandes de chacun sont divers et variés, parfois contradictoires. Pour autant, nous pouvions espérer une sortie par le haut dictée par la priorité donnée à l’intérêt des enfants. Critiquables que soient certains aspects de la réforme, elle a au moins le mérite de nous faire réfléchir collectivement à ce qui est à nos yeux 2 questions fondamentales :
1.    Dans quelles conditions, voulons-nous voir nos enfants grandir et apprendre dans le cadre d’une école réellement publique, laïque et gratuite ?
2.    Quel effort collectif, dans une commune comme Bures-sur-Yvette, sommes nous disposés à assumer pour que ces conditions soient les meilleures et accessibles à tous ?
La réponse que vous nous apportez n’est pas et de loin, à la hauteur de l’enjeu. Et nous comprenons, la déception et la colère de nombreux parents.
Le dispositif que vous imposez est à notre avis le plus éloigné à l’intérêt de l’enfant. Un seul exemple suffit à l’illustrer ; le temps d’activité périscolaire placé après les études à l’école élémentaire. Sachant que 30% des élèves fréquentent habituellement les études, on se demande quelles fréquentations des TAP vous envisagez. En vérité, vous admettrez peut-être que vous avez cédé à une injonction de certains parmi les enseignants qui ont menacé dès le début de ne pas assurer les études si elles n’étaient reportées après les TAP. En attendant, nous constatons qu’un principe de la loi de refondation est bafoué, qui précise en substance que l’aménagement occasionné par la réforme des rythmes doit permettre d’assurer l’aide au travail personnel pour tous les enfants sur le temps scolaire dans le cadre de l’école gratuite.
Cela dit, vous avez le mérite d’assumer la raison principale de votre choix, à savoir la limitation du coût budgétaire. Vous manifestez régulièrement, notamment dans cette enceinte, un intérêt marqué pour cet aspect des choses et c’est sans nul doute à votre honneur. Vous avez pris des engagements forts en la matière  que l’on a évoqué tout à l’heure. Pour autant, l’organisation du temps de travail ne doit-elle pas répondre à d’autres considérations pédagogiques ? D’ailleurs, je suis étonné car vous aviez manifesté un intérêt certain pour les questions de chronobiologie à une époque.
Les TAP doivent être payantes pour les familles, donc. Puisque vous considérez que le coût ne peut être supporté par le budget de la commune. Pourtant la commune n’a-t-elle pas assumé d’autres charges ? Je pense en particulier, parmi d’autres exemples, à la construction d’une station de trail pour un coût de 45 000€. Nous ne pouvons nous empêcher de mettre en rapport, sachant au bénéfice de combien de Buressois cette station de trail va être construite. De mettre en rapport avec le coût que vous nous confirmerez peut-être dès la 1ere année avec les subventions à la clé. Pour le groupe de travail, il nous avait été présenté comme étant de l’ordre de 6 à 7 000€. Et pour les années suivantes, nous avions bien compris que le fond d’amortissement n’est pas pérenne et qu’on passait sur une fourchette de 50 à 55 000€. Alors, à moins que les calculs aient changé, il faudrait nous le préciser.
Le problème des parents en général qui sont concernés, c’est que pour l’instant, ils savent au moins une chose : ce que vous allez leur faire payer mais ils ne savent pas pour quoi vous allez les faire payer 
D’où mon insistance à considérer que l’on doit sortir les TAP de la catégorie globale du périscolaire dans toute cette acceptation. Permettez-moi une taquinerie pour terminer. C’est que j’ai découvert ce que c’était la méthode Vigier :
•    Vous affichez la concertation. Vous la pratiquez réellement tout en apparence.
•    Vous écoutez mais vous n’entendez pas.
•    Vous entendez mais vous n’écoutez pas.
•    Finalement, vous prenez une décision seul au prétexte que le consensus n’a pas été trouvé. En même temps, la décision nous pensons que vous la prenez contre l’avis majoritaire.

A l’égard, des parents qui expriment leurs insatisfactions, leur colère nous souhaitons que vous puissiez à la fois les écouter et les entendre. Je vous en remercie.


[...] Dans la notion du temps d’activités périscolaires, si j’ai à peu près compris la réforme, il est question en fait d’un temps scolaire prolongé dans lequel les enfants continuent à travailler des apprentissages sous un angle différent. Donc, je ne peux m’empêcher de considérer que ce temps d’activité périscolaire reste plus scolaire que péri. Et nous voilà donc confrontés à la question de l’offre d’éducation par la commune dans ce cas. Parce que n’oublions pas non plus que la réforme, elle rend et elle restitue du temps aux enfants et que ce temps là, nous sommes en train de leur reprendre d’une manière ou d’une autre en le collant aux activités périscolaires. Non, on leur prend du temps qui était du temps qui leur avait été pris sur le temps d’apprentissage scolaire proprement dit. Donc toute la question est là ! Est-ce que la commune assume ou pas ? Est-ce que la collectivité assume ou pas cette restitution de temps ? Je pense choquant d’en priver une partie des enfants.


[...] La question que je me pose, est quelles réponses les associations ont-elles commencé à vous donner quant à la sollicitation que vous leur avez envoyée ?
Des préinscriptions, on est bien d’accord, sont des préinscriptions à l’aveugle sur des plages horaires. On est bien d’accord ?
N’y a-t-il pas un moyen de sortir de cela de façon honorable en prenant la décision commune de travailler sur un projet global ? Que l’on appellerait un projet éducatif de territoire. Parce que là, il me semble que l’on n’arrive pas à s’en sortir. Nous sommes confrontés au problème de la mise en cohérence des synergies possibles qu’il faut mettre en place. Et je vous entends dire qu’il y a une concurrence en fait. Vous avez intégré l’idée d’une concurrence entre les associations et les temps d’activités périscolaires. Vous dites bien que vous vous gardez d’être en concurrence avec l’USBY. Oui, mais c’est justement cette approche là qui pose problème. Parce que l’on ne veut pas travailler sur une cohérence mais plutôt sur une mutualisation.
Dernière chose, je ne l’ai pas évoqué tout à l’heure mais nous sommes toujours d’accord qu’il y aura un comité de suivi ?