Réhabiliter Leopold Gardey : une nécessité, une urgence !

Ecrit par BUS sur . Publié dans Actualités


Alors que le maire venait de consacrer son éditorial dans Le Buressois (ici) à nous expliquer qu'il est impossible d'engager à court terme des travaux dans le groupe scolaire Léopold Gardey (tout en lançant l'opération rénovation de la Grande Maison), voilà que se produit un incident qui invite à penser l'avenir du groupe scolaire en termes de priorité, voire d'urgence. Les élus des parents FCPE de l'école élémentaire sont mobilisés, aux côtés de ceux de la PEEP locale. Engager sans délai la réhabilitation de Léoplod gardey, une idée qui fait son chemin. 

Pourquoi la directrice de l'école élémentaire a fait évacuer deux classes en urgence

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Début janvier, une enseignante de l'école élémentaire signale une odeur désagréable dans le bâtiment B qui abrite deux salles de classe, la salle d'informatique, la bibliothèque. La directrice prévient la mairie par plusieurs mails, sans réponse jusqu'au 26 janvier, jour où deux représentants de la mairie prennent la peine de venir constater les faits. Faute de mesures immédiates, la directrice prévient l'inspection académique et décide, en concertation avec l'équipe pédagogique, d'évacuer les deux salles de classe et d'installer les élèves dans deux espaces du bâtiment A (une salle d’activités, une salle destinée initialement au rangement, exigües et ouvertes sur un couloir). Il s’agit des classes de CE1 A de Mmes Divaret et Puzenat, et de CE2/CM2 de Mme Lanfant. Leurs parents sont prévenus par la direction de l'école le soir même. Nous envoyons un premier courriel au maire (ci-dessous, en annexe).

Le 28 janvier, la mairie informe par écrit les parents de l'école élémentaire que la société MAPE a été missionnée pour effectuer une analyse de l'air dans les locaux concernés. La société MAPE rend son rapport le 8 février. Il a fallu insister un peu (second courriel, du 31 janvier, ci-dessous en annexe) pour en avoir communication officielle … le  12 février. Ce rapport est consultable sur le site du conseil local FCPE


Les premiers résultats d'analyse ne rassurent pas et n'expliquent pas grand chose

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Voici la synthèse des parents de la FCPE et de la PEEP locales, mise en ligne ici, en s'appuyant sur l'avis de parents chimistes:
Premiers résultats sur la qualité de l’air et premières pistes
La société MAPE spécialisée dans les mesures de qualité de l’air a été rapidement mandatée par la municipalité en vue de la réalisation de mesures de la qualité de l’air intérieur dans certaines salles du bâtiment B (salles de classe et salle informatique). Ces mesures ont été effectuées le 3 février dernier et les résultats ont été remis à la municipalité le 8 février.
Selon le rapport de la société, les résultats de ces mesures ont révélé la présence de nombreux composés chimiques dont certains peuvent présenter un risque pour la santé, sans qu’un risque formel ne soit pour le moment caractérisé.
Les concentrations dans l’air des composés détectés (au nombre de 29) sont supérieures aux « valeurs communément admises », avec environ 2 fois la valeur admise dans les salles de classe, et jusqu’à 5 fois la valeur admise dans la salle informatique. Ce dernier niveau de concentration est, toujours selon ce rapport, « susceptible d’entrainer un inconfort, voire des irritations ». Aucune mesure n’a été réalisée dans la bibliothèque, ni dans la salle d’accueil du service périscolaire.
Sur les 29 substances détectées, 6 sont catégorisées comme irritantes par inhalation, 2 comme nocives par inhalation, et une, le benzène, est un cancérigène et un mutagène avéré.
Concernant le benzène, sans qu’elle ne dépasse le seuil d’action rapide, sa concentration dans l’air intérieur de ces salles de classes était, lors des mesures effectuées, de 2,4 fois la Valeur Guide de l’Air Intérieur (VGAI, définie par l’OMS) pour la classe de CE1 A, et de 3,1 fois la VGAI pour la classe de CE2/CM2.
D’autres composés, tels que du toluène, de l’acétone et des perturbateurs endocriniens ont également été détectés, sans que toutefois leurs concentrations dans l’air ne semblent présenter un risque formel pour la santé, selon l’entreprise MAPE.
Selon l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) : « Les valeurs guides de l’air intérieur (VGAI) ont été définies comme des concentrations dans l’air d’une substance chimique en dessous desquelles aucun effet sanitaire ou aucune nuisance ayant un retentissement sur la santé n’est attendu pour la population générale en l’état des connaissances actuelles. »
(Vous pouvez télécharger ce rapport au bas de cet article)

D’où pourraient venir ces odeurs et ces composés chimiques ?

L’hypothèse privilégiée pour le moment est une photo-dégradation des revêtements de sol des salles concernées. En effet, le revêtement de ces salles est constitué en grande partie de PVC, auquel ont été ajoutés des phtalates, afin d’assouplir cette matière plastique.
Les phtalates étant constitués d’un noyau benzénique, il est probable que cette photo-dégradation soit à l’origine d’une diffusion de benzène dans l’air de ces salles. Il est également possible que les produits d’entretien utilisés pour laver les sols dans le groupe scolaire aient contribué à la présence de certains composés chimiques particulièrement odorants.
Les odeurs constatées sont néanmoins plutôt des odeurs de plastique.
Source: http://leopoldgardey.fcpe-essonne.net/

Lors du conseil municipal du 15 février, le maire, comme il en a l'habitude, s'est retranché derrière le bouclier "technique" en demandant à un représentant de la société MAPE de présenter les résultats de l'étude de l'air. Ce dernier a paru plutôt embarrassé de devoir s'exposer ainsi. Nous l'avons abondamment – et courtoisement – questionné. Que retenir à ce stade, sinon son extrême prudence, dans les mêmes termes que le rapport d'analyse:

  • pas "d'impact formel sur la santé des occupants" (enfants et enseignants);
  • malgré la constatation de la présence d'une substance nocive comme le benzène;
  • pas de proposition de "solution de traitement des sols", ni de préconisation de changement des revêtements de sols ("décision prématurée")
  • un conseil: "ventiler les locaux"

D'où il ressort qu'une idée fait son chemin: l'urgence de la réhabilitation du groupe scolaire Léopold Gardey 
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Lors du conseil de l'école élémentaire du 9 février, les enseignants et les parents n'obtiennent aucune réponse satisfaisante quant aux mesures envisagées par la mairie. Pour cause, sa représentante, adjointe aux affaires scolaires, semble découvrir le contenu du rapport d'analyse en séance. Les parents délégués ont alerté Monsieur Le Fur, Inspecteur de l’Education Nationale de la circonscription des Ulis, ainsi que l'Agence régionale de santé (ARS). Les enseignants, de leur côté, ont saisi le Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail départemental, ainsi que la Direction Académique. Cela a fait bouger la tutelle. Et la mairie, par voie de conséquence.

Dans ces conditions, le maire ne voulait pas informer davantage les parents. Lors du conseil municipal, nous sommes intervenus à plusieurs reprises sur la nécessité de transparence à l'égard des parents, y compris pour leur rendre de compte des questions encore non-résolues. Nous avons rappelé l'article 1er de la Charte de l'environnement (loi constitutionnelle du 1er mars 2005) qui stipule: "Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé". Nous avons aussi rappelé le "principe de précaution" institué par l'article 5. Le 18 février, jour de départ en vacances, il a fait distribuer une note aux seuls parents des deux classes concernées, dans laquelle il annonce qu'il fera procader à une seconde série d'analyses. Rien de plus.

De son côté, le même jour, le responsable local de la FCPE a écrit au maire pour demander des mesures rapides, ainsi que la programmation budgétaire des travaux les plus urgents. Il y déplore l'état du groupe scolaire et rend compte de la visite effectuée en ma compagnie au groupe scolaire:
"Le mardi 16 février, Monsieur Valenti, conseiller municipal, accompagné de la Directrice de l’école, Madame Prudhomme, et du Président de la FCPE de Léopold Gardey, Monsieur Rakotondrainibe, a effectué une visite des locaux des bâtiments de l’école élémentaire. Le lendemain, une visite similaire a été effectuée dans les locaux de l’école maternelle par Monsieur Rakotondrainibe, en compagnie de la Directrice de l’école, Mme Maillo. Il en ressort clairement une absence de maintenance et d’entretien des bâtiments, justifiée par la municipalité au prétexte d’un projet de réhabilitation du groupe scolaire à brève échéance. Ceci a pour conséquence une détérioration des conditions d’hygiène et de sécurité pour les élèves et les enseignants. Ci-joint des rapports de ces états des lieux."
Dans le même temps, la FCPE et la PEEP mettent en ligne une information détaillée en direction de tous les parents (ici). Elles mettent l'accent sur les conditions faites aux élèves des classes déplacées. Elles concluent, en des termes que nous partageons totalement:
"Construits pendant les années 60, les bâtiments du groupe scolaire Léopold Gardey accusent le poids des années. La réhabilitation de cette école devient maintenant urgente et doit devenir une priorité pour la municipalité malgré les propos de Monsieur le Maire reportés dans l’éditorial du Journal de Bures de février 2016.
Cette école est laissée à l’abandon, les peintures s’écaillent dans tous les bâtiments, les murs sont fissurés, les fuites d’eau sont régulières voire hebdomadaires, les remontées d’odeurs dans les sanitaires permanentes… Il est temps que la municipalité prenne la réhabilitation du groupe scolaire à bras le corps : les problèmes quotidiens impactent non seulement les conditions de travail des enseignants et de nos enfants mais aussi leur bien-être et peut-être même leur santé."
 C'est la bien la question de la réhabilitation du groupe scolaire que pose cette affaire "d'odeurs".
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ANNEXE 1: premier courriel de BUS au maire, 27/01/2016

Monsieur le Maire,

Nous avons été alertés de l'évacuation, mardi 26 janvier, des enfants de deux classes de l'école élémentaire Léoplod Gardey (CE1 et CE2-CM2) en raison d'odeurs incommodantes persistantes dans les salles de classes. A notre connaissance, vos services avaient été alertés début janvier et rien n'a encore été fait pour identifier la source de ces odeurs ni évaluer leur éventuelle toxicité. Les personnels ont dû se contenter de l'hypothèse d'une dégradation du revêtement de sol. 

Nous nous étonnons qu'aucune mesure n'ait été prise dès le signalement du problème par la direction de l'école et que les parents aient été laissés dans l'ignorance, alors qu'enfants et enseignants étaient quotidiennement incommodés. Nous nous étonnons que la seule information adressée aux parents soit de la seule initiative des enseignants.

Au nom du principe de précaution attendu des parents, de la transparence, nous vous demandons donc 
- de prendre sans délai les mesures indispensables à la sécurité des enfants et des adultes qui en ont la charge;
- de diffuser sans délai une information à tous les parents des enfants scolarisés dans le groupe scolaire Léoplod-Gardey;
- de programmer les contrôles nécessaires, par une société spécialisée, de la salubrité de l'ensemble du groupe scolaire;
- d'informer les représentants des personnels du groupe scolaire et des parents, ainsi que les élus, de les associer au suivi des opérations.

Cet incident nous rappelle à l'urgence d'entamer la réhabilitation du groupe scolaire afin que les enfants puissent y apprendre et grandir en toute sécurité.

Recevez, Monsieur le Maire, nos cordiales salutations.

Francis Valenti
Alban Mosnier
Elus de BUS

ANNEXE 2: second courriel de BUS au maire, 31/01 /2016 

Monsieur le Maire,
Madame l'adjointe,
 
Nous vous remercions d'avoir communiqué en direction des parents du groupe scolaire Léopold Gardey et "missionné sans délai la société MAPE afin de procéder rapidement à une analyse de l'air". Cela contribuera dans un premier temps à rassurer les plus inquiets et à déterminer l'origine des odeurs incommodantes.

En notre qualité d'élus et, pour l'un de nous, de membre de la commission scolaire, nous attendons communication de tous les résultats d'investigation de la société MAPE dès qu'il vous seront adressés, ainsi que des mesures que vous diligenterez en conséquence.

Recevez, Monsieur le Maire, Madame l'adjointe, nos cordiales salutations.
  
Francis Valenti
Alban Mosnier
Elus de BUS
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